Alexandra Joly

 

 

 

(France)

 

 

 

 

Les Sauvages : le tome 2 !

 

 

 

 

Ce 5 mai 2012, au cours d’un ultime bain de foule, en plein jour, on tire sur le candidat Chaouch. L’assassin est aussitôt immobilisé et incarcéré. En découvrant ces images à la télévision, la famille Nerrouche est abasourdie : elle vient de reconnaître Krim, présenté comme l’auteur de l’assassinat. Fouad est effondré, il cherche à joindre en urgence celle qu’il aime, Jasmine, qui n’est autre que la fille de Chaouch.

 

Difficile d’en dire plus sur l’histoire de ce deuxième opus qui parvient, brillamment, non seulement à conserver le rythme trépident et la modernité du style du premier tome mais à innover. Sabri Louatah s’essaie ici au thriller politique. Le lecteur suit pas à pas, heure par heure, les avancées de l’enquête policière, les recherches de Fouad, qui veut comprendre comment son propre neveu a pu commettre un tel attentat, et l’organisation méticuleuse du commanditaire dont les motivations restent fort incertaines. La piste intégriste est d’abord privilégiée mais, au fil du texte, les indices semblent s’amoindrir, laissant par là-même le lecteur en proie aux doutes et aux interrogations.

 

« C’est bizarre, tu ne penses jamais à ta famille ? Tu les as sacrifiés, tu le sais bien. Tu vas me faire croire que ça ne t’empêche pas de dormir.
Nazir ne répondit pas :
– Tout ce que tu sais faire c’est dire : merde. Tes petites manipulations sur Internet, tes tentatives pour foutre le feu…
– Le feu est dans les têtes, réagit instantanément Nazir, moi je ne fais rien, je n’allume aucun incendie. Le feu est déjà là, depuis deux générations. »

 

Avec ce roman, le lecteur est pris au piège d’un suspense haletant et d’une intrigue mordante où se mêlent psychologies, histoires de famille et coulisses du pouvoir ; il appréciera toutefois de donner sens aux indices disséminés dans le texte et d’établir des ponts avec le premier tome.

La langue de Sabri Louatah, quant à elle, est toujours aussi efficace et s’enrichit encore au contact des milieux policier et judiciaire. La DCRI et la SDAT côtoient autant la culture algérienne que l’univers clos des cabinets ministériels. L’auteur semble prendre plaisir à explorer le langage et les possibilités qu’offre le genre romanesque pour le mettre au service du lecteur. Seule contrariété au terme de ces 478 pages : devoir encore attendre avant la parution du troisième tome de ce roman feuilleton.

 

 

 

 

 Les Sauvages 2, Sabri Louatah, ed Flammarion / Versilio, 2012

 

 

 

 

 

 

 

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Alexandra Joly est née en 1977. Elle est certifiée de Lettres Classiques et vit à Metz.
Ses centres d’intérêt : les livres, les voyages, l’Art Nouveau et la danse.
Il lui arrive souvent de rédiger des notes de lecture et de défendre avec enthousiasme les auteurs qu’elle aime.

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