Alexandra Joly

 

 

(France)

 

 

  

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Thriller pour insomniaque ?

 

 

Christine se réveille chaque matin, paniquée à l’idée de ne rien reconnaître de ce qui fait sa vie. Chaque matin son mari Ben doit la rassurer, lui rappeler qu’ils sont mariés et qu’elle est amnésique depuis son accident survenu vingt ans plus tôt. Chaque matin, une fois son mari parti au travail, Christine reçoit l’appel d’un homme, le docteur Ed Nash, son nouveau neuropsychologue, qui l’informe de l’existence d’un journal caché dans une boîte à chaussures dans son armoire. Et chaque matin, Christine découvre ses écrits, ses bribes de souvenirs qu’elle note scrupuleusement avant d’aller dormir pour ne pas oublier… à l’abri des regards de Ben.

 

Depuis sa parution en mai 2011, ce thriller psychologique connaît un succès important et se trouve en passe d’entrer dans cette catégorie que l’on nomme « best-seller ». Ce succès est dû probablement au sujet de l’intrigue qui tient le lecteur de la première à la dernière page. En effet, très vite, la simple amnésie se révèle bien plus étrange et plus complexe qu’elle ne paraît et quelque chose de mystérieux entoure le personnage de Ben : pourquoi ne dit-il pas toute la vérité à Christine ? Pourquoi cette vérité diffère-t-elle parfois d’un jour à l’autre ? Pourquoi refuse-t-il que sa femme voit un nouveau neuropsychologue ? Autant de questions qui constituent le fil rouge de ce roman et auxquelles le lecteur attend des réponses. Et puis, il y a ce journal. Le journal autour duquel l’intrigue se compose et dont la découverte dans les premières pages du récit fait basculer le roman dans le genre du thriller.

 

« Je me sens tendue. Je ne sais pas ce que je vais trouver sans ce livre. Ce qui va choquer et surprendre. Quels mystères. Je vois l’album photos posé sur la table basse. Il s’y trouve une version de mon passé, choisie par Ben. Le volume que je tiens en contient-il une autre ? Je l’ouvre.

La première page est blanche, sans lignes. J’ai écrit mon nom à l’encre noire au milieu. Christine Lucas. Je m’étonne de n’avoir pas écrit Personne ! en dessous. Ou Lecture interdite !

Quelque chose  a été ajouté, quelque chose d’inattendu, de terrifiant. De plus terrifiant que tout ce que j’ai vu aujourd’hui. Là, sous mon nom, à l’encre bleue et en lettres majuscules, se trouvent les mots suivants :

NE PAS FAIRE CONFIANCE A BEN »

Pourtant si ce journal fait basculer le roman et suscite la curiosité du lecteur, il est aussi ce qui va engendrer quelques langueurs : l’auteur ayant choisi pour point de vue de la narration celui de Christine, le lecteur se trouve contraint de lire chaque page de son cahier au risque de s’ennuyer parfois des redites. Avant d’aller dormir est donc un récit paradoxal puisqu’il peut autant tenir en haleine par son sujet que permettre à l’insomniaque de trouver le sommeil. Le style quant à lui est somme toute assez simple : ni recherche d’élégance dramatique, ni tension particulière sans pour autant être lourd ou maladroit.

 

Bref, Avant d’aller dormir est un roman facile d’accès et agréable à lire juste pour le plaisir de se laisser gagner par le suspense et l’inquiétude générés par la découverte progressive du journal.

 

 

 

 

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Avant d’aller dormir, S.J Watson, Sonatine Editions, 2011 pour la traduction française

 

 

 

 

 

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Alexandra Joly est née en 1977. Elle est certifiée de Lettres Classiques et vit à Metz. Ses centres d’intérêt : les livres, les voyages, l’Art Nouveau et la danse. 

Il lui arrive souvent de rédiger des notes de lecture et de défendre avec enthousiasme les auteurs qu’elle aime.

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