Alexandra Bouge

 

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&

 

FLORA MICHELE MARIN

 

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Maman était biologiste de métier.

 

Arrivée à 45 ans en France, comme réfugiée politique, elle a travaillé de jour à l’Hôtel de Ville de Paris, de nuit à l’hôpital Mondor de Créteil et parallèlement elle prenait des cours d’histoire de l’art au Centre Georges Pompidou.

 

Maman était d’origine bourgeoise et à cause de cela elle n’avait pas pu faire des études d’art. Elle est décédée à l’âge de 75 ans d’un cancer du poumon. Elle avait peint en vert des os peu avant de  mourir en prévoyant l’état squelettique dans lequel la maladie allait la mener.

 

(Alexandra Bouge)

 

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un masque / deux yeux, deux yeux, (dans les limbes) / un masque, des gens, la rue sur mes pas effleure un chant effleure son souffle, cécité, sur mes pas affleure son chant / (deux yeux, la rue) / deux pas effleurent mes pas, deux yeux, la cécité, cécité l’ombre me porte  ses pas affleurent, cécité, affleure le trottoir, elle marche cécité

 

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la peur,

la peur

les lézardes sur les bras, l’anorexie

le manque de boulot, le flip

 

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les gens

la peur, le tchador,

la peur de sortir dans la rue et d’être agressée

la peur, la peur

 

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les hommes qui meurent dans les rues

l’homme, l’homme,

le cadavre

le ciel

peur

 

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la peur de me faire agresser.

le ciel bleu marine,

le fou qui veut me tuer

peur, peur,

qui m’empêche d’avancer

 

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un homme

la guerre

le rêve

les bâtiments

la peur, la peur,

les gens

les hommes qui meurent dans les rues

 

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un filet d’eau noir s’écoulait, il glissait par à-coups, un morceau de terre mouvante s’étendait à l’horizon, il glissa et tomba, rampait, des fissures s’élargissaient sur les murs, les maisons s’effondraient, il laissa une jambe dans la mare boueuse, il fut amené par l’eau marécageuse  qui le déposa… des kilomètres plus loin, il fut sauvé par les sauvages de l’île, (à l’aube)

 

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Ils passent dans les cités

ils ne marchent dans les normes

Ell’rembarre

nuit nuit ça came à l’ombre

La nuit s’allume

Je came

(A l’ombre)

 

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la ville est grise, l’homme est cool jusqu’au prochain coup

la rue calme

la rue est cool jusqu’au prochain coup de feu

la rue est calme

la ville est calme, la ville est plombée

elle s’allume par-là,

la ville est taguée

la ville taguée de graff racistes

 

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Il s’appelle léonard toute sa vie (durant) il passa dans les poubelles,

Léonard les maisons se creusent dans la terre, ayant un nom sur la racine

dans les yeux, la terre craquelle ;

 

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une onde de choc traversa la ville, des filles quémandaient, quelqu’un soliloquait

une brave dame lui demanda de l’aide

une usine faisait faillite,

la ville s’effondrait, quelqu’un s’arrêta pour faire la manche, une onde de choc balayait la ville

on s’passe de vous

 

ou bien :

 

la ville une femme passa et lui demanda l’heure,

des tours de verre s’élançaient dans l’espace ; une onde de choc traversa la nuit la ville, des filles quémandaient, (la ville vacillait) quelqu’un soliloquait,

une brave dame lui demanda de l’aide,

une usine faisait faillite,

la ville se déplaçait, quelqu’un s’arrêta pour faire la manche, une onde de choc perçait un chemin

on s’passe de vous

quelqu’un s’épuise à marcher

 

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il s’appelle gérôme

il vient de garches les gonesses

gérôme est un garçon tranquille.

ses yeux sont rougis,

gérôme a les dents trouées

gérôme erre dans les rues de la capitale

la ville passe sur l’orbite dans son crâne

g parle

g est renfrogné,

g flanche

g flanche

 

il regardait celui qu’on a laissé s’effacer sur les rails

et ils allèrent aux galères,

dans la ville vide

 

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les murs étaient troués, les murs descendaient en profondeur,

les taudis s’enfonçaient entre les maisons

une femme passait dans la rue, il grêle,

dans les soubassements ; une femme s’appuyait sur un bâton comme sur sa maman, ils vivaient à l’abri sous les toits, des taudis, l’eau manquait et le pain, de l’eau de pluie rance, la pluie, la pluie

 

 

 

LA VILLE

 

Les rues sont des impasses solitaires, tronquées, comme un storyboard déchiré. Une femme debout, maigre, chancèle. Une lumière rouge couleur sang demeure. Les os de la femme sont éparpillés par terre..

On ne peut pas acheter ; même à un euro, c’est trop pour nous. Les produits sont agglutinés dans les rayons. La faim nous dévore. Les rues sont des impasses. Des mares de larmes infestent les pauvres. Ce sont des coupes gorges, parsemés d’indigents, d’exclus.

Tout de noir vêtu, miséreux, il fouille pour trouver des objets de valeurs dans les appartements, parasite. (Il va mourir bientôt.)

Un homme s’assoit et parle au soleil, en le pointant du bout de sa canne. Son expression fut apportée par le vent à l’oreille de quelqu’un d’autre.

Les immeubles étaient recouverts de poussière de laitance. Aveuglante. Elle cligna des yeux. Elle parlait une autre langue que tout le monde. Les traces étaient celles d’un fumeur.

Il arrive qu’il ne fasse pas beau ici-bas. Seuls les yeux se déposent en buée sur les vitres, comme une trace du dernier souffle.

Son mari lui avait arraché les yeux. Il ne s’en souvenait plus.

 

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gens

au bord de l’autoroute

au bord

gens

déchiquetés

au bord

gens gens

 

au bord

des gens

des gens

au bord du macadam

 

des gens

lynché par un homme

un  temps, routé  sur la gêne,

préfabriqué

dans une cahute

 

les gens transbahutés

sur le bord du chemin

les gens du bord

du macadam

décent

sur une autoroute ; au bord ils meurent

 

les gens les gens

au bord du macadam

s’arrime

pour une bouchée de pain

au bord  au bord

trépassent,

s’éteignent

à la périphérie

au bord du macadam

macadam

les gens s’arriment

au bord de l’autoroute

s’arrime

les gens au bord

au bord  au bord

au bord de l’autoroute

gens gens

s’abîment

au bord

gens

au bord

 

fade comme de l’eau le temps

fade

le temps est insipide

sale temps pour les vaches

temps pis

pour la came

ça tourne

sur un tempo,

galère

 

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dans ces lieux ces choses sans erre

des restes

des gens

rebut

 

fêtée, dans les dents

des gens

la honte

évidés,

trempés,

fièvre jaune,

formaté

viscères

la honte

marche tableau vivant

erré sans but

à la recherche d’on ne sait quoi

à mi-temps.

 

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Tag la peau

Au fer

Peau peau

Déprime

Ciel de plomb

Mare aux fers

Kilos

 

la mère à la fenêtre attendait sa fille, la ville était pâle, des cités de verre produisaient des reflets, les murs gris de son enfance perdaient de leur éclat, la mitraille dans sa tête / un cou mince avait percé / la ville scintillait sous les rafales / une fille avec sa malle pleurait

 

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bâtiment de stress des immigrés de la gente / aux demeures des villes / les gosses retombent dans l’illégalité / une femme enceinte / la ville passe

ô gens / le ciel éternue les nouvelles politiques macabres / paris / la vile s’épuise, un homme prend par le gris / les murs lisses

(entre les doigts / un carnet de route)

 

 

 

la ville / couleur brune / la ville / des gens / la ville / viande / la rue / viande, viande / sur ma peau / la ville / la ville / les gens / canicule

vertèbres cassées / ville / déchet / viande / volatile / sombre / taillé / kilos / HLM blancs chaulé / déchaîné / ville / va-nu-pieds / ciel profond / enchaîne la lutte / gens gens / cancer /

 

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coupe / veines / belleville / les gens coupés, membres arrachés / se ballade / nuage / gens / ville qui flanche / sur mes doigts pourpres / troué / ville / au son, ville fermée aux étrangers / vil / prison / déprime / prison / bleu profond / marche au pas / lumière de la ville / ciel / tache / ciel / nuage gris / rues profondes et entortillées / vol / ciel gris / ciel nuit / ombres tournoyant dans la nuit / figures

 

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bleu profond / prison / histoires / un homme, papiers / HLM / béton / vide, béton / bleu / histoire / gris / bleu / ville / HLM aux mille yeux / gris / ciel / HLM

 

 

 

LA VILLE DE NUIT

 

La fille, une prostituée l’attendait au bas de la rue, elle l’aida à monter dans la camionnette, elle s’enfonça dans la nuit, les bâtiments paraissaient effacés, ils foncèrent à toute allure. Un homme passait. Ils faillirent le renverser. Ils foncèrent sur les trottoirs sombres, le ciel prit une teinte bleue-nuit, ils poussèrent la porte arrière de la fourgonnette. Ils crièrent  » n’approchez-pas ! » la porte de la fourgonnette s’ouvrit et l’homme jeta quelque chose. La femme trébucha sur l’homme à terre, elle pousse des cris, mais personne l’entend. Elle lui découvre le visage, il était sacrifié sauvagement ; elle lui donne un coup de pied, ça l’empêchait de passer. La fourgonnette traversa une bonne partie de la ville, sombre aux trottoirs vides à cette heure, il aborda une autre fille qui l’attendait dans un renfoncement, à côté d’une buvette, elle lui donna l’argent, il lui demanda les comptes, cette dernière était terrorisée.

 

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La fourgonnette poussa dans la nuit. Un homme la récupéra au petit matin. Ils prirent le butin et filèrent dans une rue. Ils arrivèrent dans une baraque désaffectée où les attendaient des filles et des hommes, une des filles le reconnut. Il lui prit l’argent. La voiture fila dans la nuit. La fille vomit. La nuit était de la vase. Un homme lui apporta de quoi se shooter.

La fourgonnette fit ses emplettes, passa dans la nuit, il rejoignit un autre groupe de gens. La ville paraissait sombre, les gens s’échangeaient le butin. La fourgonnette s’arrêta sur les voies en rade. Un homme perce la portière, il fixa les gens, l’homme s’approcha et tira.

 

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un homme, des yeux, la ville s’éteint, s’effondre, l’homme s’enivre à la CAF / la ville la ville / le ciel gris / humain / le ciel, le ciel / la ville est propre / la ville / ô gris, ô gris / les gens légume / antiâge / carnage / violet / voilé / chemin / ciel / lumière / des gens gris / ville-cantine / ville /étui /  bâtiment / enzyme / cancer / racisme / étoile, écriteau

 

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un corps de terre scarifié, au mépris, de la cité, bouffer / le ciel gris / la ville / les richesses / la ville / gris / cantine  / cancer /

dans la ville qui ploie / les gens sont terrorisés /

la vie / se meut

 

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le rendement fait que les « éleveurs » mutilent les pis des vaches pour qu’elles produisent plus de lait moins cher, souffrance ; c’est pour ça qu’on a tous mal au bide, la souffrance des animaux nous importe peu ; on torture des bêtes, les tenons enfermes dans des cages pour pas qu’elles bougent, bourrées aux tranquillisants, malades gisant sur les planchers pour le rendement, on les torture pour un peu de souffrance dans nos assiettes, et de nos corps malades, de cette souffrance ; pour le rendement, on mutile des animaux malades, séquestrés, emplis de moisissures et de merde, des bêtes gisant, mutilées, à même le sol, mourantes / pour le rendement et  souffrance ; souffrance

 

souffrance des bêtes, torture pour un steak mal digéré, un an de « vie » d’une bête mutilée par le rendement, bêtes mutilées pour un lait sans goût, le rendement mutilées, ETEINS LE GAZ / passent dans des machines, mutilées rendement ; mutilées par le rendement estropiées sans vie sans jamais voir le ciel, dans des lieux trop exigus, pour le rendement, malades, gisant sur le plancher elle meurt, ETEINS LE GAZ

 

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jalons pour l’avenir

fout’

il mal

déprime il va opéra

lumière lumière

 

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Les gens sont de brume

La vie vie les gens les gens la nuit, brume

Il s’appelle léonard toute sa vie durant il passa dans les poubelles,

Léonard les maisons se creusent dans la terre, ayant un nom sur la racine

dans les yeux, la terre craquelle ;

 

 

 

la terre se lézarde se brise

le village est tombé, les gens, le village le village

la terre est enlevée la terre enlevée

les gens s’débinent

les gens s’déciment

 

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la maison

bleu

les gens gens

s’amènent

les routes

on est mal reçu dans ce pays

les gens    sur les routes

les gens expulsent les immigré,

sont racistes

on est pas de la merde

les gens reçoivent mal

les gens reçoivent mal

veulent    notre mort

le ciel

les gens

les gens

vont

 

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les murs étaient troués, les murs tombaient dans les gravats,

les taudis s’enfonçaient entre les maisons

une femme passait dans la rue, il grêle, la venelle s’étirait en profondeur,

une femme s’appuyait sur un bâton comme sur sa maman, ils vivaient à l’abri sous les toits, se nourrissaient tant bien que mal, l’eau manquait et le pain, de l’eau de pluie rance, la pluie, ces gens

avaient mis leurs tentes à l’abri

les gens s’étaient enfermés dans une cellule ; se lèvent tôt le matin dans les détritus, à la périphérie la ville, la ville,

les gens marchent dans leur cellule, les vies

la ville fut écrasée sous le tas de déchets

ils courent

march dans leurs cellules

à l’abri

(il vit

d’la haine)

 

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… sur le banc

ces villes

à moitié, gens…,

la honte jalons  pour l’ave

un calibre 31

la ville,

une vision

l’homme une percée une ville à 90 degrés, un calvaire,

un ordi plombé

les gens

ville

cargaison ‘armes

cité, cité

se vanent au travail,

la ville

une grenade,

la ville

un homme  hurle

un passant… un passant…

 

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guerre, viande, vésicule, la lampe, immondices, immondices,

la gélatine

mal peigné

déprimé, eau avec rien

immondices,

galina

oeufs

kilos

galiné

vésicule,

moche

 

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des chiens qui boitent

les lunes

gens

les viols  des

les gens

jaune

peau

lumière

décrit

 

 

 

sur un trottoir   emprunt une maison une étincelle, une ombre se distingue dans le lointain la nuit tefeu la cité  elle s’allume, sur le pavé, elle roule ses blessures, la ville une masure, uneville

 

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une ville en silence s’écoule, coulent eczémas, coups, blessures, la ville s’écoule / une rivière, la mèche, un torrent

 

 

 

boue  noire / bleu qui s’écoule, bâtiments sales vides de gens partis à l’ouest, hommes à l’ouest / avec des détritus

 

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la nuit passe et sa cohorte de sans-abris / la ville souffre / la ville douleur / la vie qu’on arrache aux siens, la vie est expulsée, une vie de moins, les enfants de gens qu’on expulse, les enfants qu’on expulse, les enfants hors de France / moins que rien, (expulse)

 

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contre la haine et la souffrance, elle marche, sa voix est perturbée écorchée par un ton un ton  souffreteux qui pleure le ton de sa voix ton de sa voix

ses rêves de petite fille, la nuit amorce un ton plaintif qui s’enlève et laisse un sillon de boue / un sillon un sillon /sous l’effet d’un calmant, la nuit expire au son des voix, au son des voix /dans la souffrance

 

ou bien :           image062

 

elle marche, sa voix est perturbée écorchée par un ton un ton  souffreteux qui pleure le ton de sa voix ton de sa voix

la ville  ses rêves de petite fille, la nuit amorce un ton plaintif, s’enlève et laisse un sillon de boue / un sillon un sillon / sous l’effet d’un calmant, la nuit au son au son des voix

 

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chinois chinois    esclavage / corruption et mafia victim victim la ville corrompue / agression agression  une mafia, tuyau éclaté carbonisé victim chinese resto insalubre hurlements sans l’accord de la police (dans la ville corrompue) ma mère malade  resto chinois installations hors normes qui endommagent la santé de ma mère malade du cancer, installations qui suffoquent les poumons de maman malade, malade d’un cancer du poumon / malade

avec l’accord d’la police dans la ville corrompue le syndic / l’fric l’fric du gouvernement, fric dans les survivants malade

 

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sur un plat, tziganes, non-règlement européen corruption corruption / maladie / sous les yeux de la police et du gouvernement  l’fric plein les poches, les pauvres   malades estropiés

s’en foutent plein les poches, humiliations, humiliation. gens qui dorment sur les quais des métros, apeurés, des exclus malades estropiés, met’ plein les poches, malade malade apeurés sur un quai de métro,

homme abandonné âgé dort sur un quai sur un quai sous la lumière rasante, (d’un quai de métro), un jeune apeuré

apeuré, apeuré

 

la ville morph la ville / la nuit est brouillard son rap, la nuit est brouillard / la ville morph le shit elle raprap le rap defile la came

 

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un camion cassé, une vie ratée, iode dans les yeux / dans la rue qui t’allume / dans une rue  j’pose mon stylo et j’avance

je pose mon stylo et j’avance, à vouloir s’attirer des ennuis à s’retrouvé dans une benne / je pose mon stylo et j’avance par une nuit en cadence sur les corps des endormis aux yeux brouillés, je cadence à cran, à cran les mendiants dans la rue crashent, la nuit avance, je délimite mon carré d’ordures,

 

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la nuit came, la viande crue lâche sa boue trouble   ent’mes doigts dans les déchets  je m’exprime et j’avance

des voix s’arriment dans les déchets de la rue qu’on spray spray je guerre contre les pauvres  et la nuit délimite… cadence  ma ville s’envole dans la cadence / paris, paris, je pose mon stylo et j’avance / une ville /  à mordre la nuit dans la rue à virer les gens dans les déchets / la nuit qui erre, à cran pour bouffer / je pose mon stylo et j’avance / j’pose mon stylo dans la nuit

 

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Sa vie va se terminer dans un abri aux tremblements de la vie. (Dans les rites quotidiens qui passent indomptables par le prisme de la conscience.) Le temps ne va pas s’arrêter ici, et va continuer comme le vent sur le bord de la mer. Les histoires vont se terminer de manière abrupte dans une obscurité opaque.

 

 

 

Sentant, se ressentant

Quoi ? Je pue ? Vraiment !!!

Ca stresse, je pue

Oh ! C’est la cata, amuse-toi…

 

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dans ma rue des jeunes des gosses de 8 à 9 ans deale / dans la cité des gosses morflent pour dealer dans ma cité, un bebe pleure /une ville s’embrase un ville casse pipip dans les cages d’escaliers /sur un plat sur un plat / (sur un bras / sur un bras ) une ville s’arrime s’arrime / une ville de sans-voix / la ville s’arrime

 

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sur un air de piano, désuet, sur un rythme de tango, piano, elle trame son délire sur un air, la ville l’enveloppe la nuit l’égrène, la ville est à eux sur un air de piano

 

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entre deux poings, elle naît ds un  passage ds un passage (bon : ds) / elle écoute le chant des tziganes, achève elle achève sa nuit sur un matelas au fond d’une cour sale, crasseux  d’une nuit sur un matelas crasseux la nuit

la nuit la nuit la nuit au fond sur un matelas crasseux au fond d’une cour d’une cour   sur un matelas crasseux  / (nuit nuit sur un matelas crasseux)

 

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 D’UNE VILLE

 

d’une ville sans argent, sans papiers, sans travail   cri   racistes    de sans-papiers de sans-abris

la ville étire comme un bébé / d’ses sangs mêlés d’ses sangs mêlés

il fait la manche

il est rejeté / sur le trottoir  ville de sans-abri  coups  coups coups

un sans-abri un sans-abri  qui s’en va  détruit détruit sur un banc du métro /

détruit détruit

sur un banc / visage homme détruit détruit

détruit détruit

 

 

 

Elle a été volée dans la rue et amenée à Paris pour se prostituer. Ils ont bu une bière.

L’homme, les maisons tombées en ruine, son visage, bâtisses cassées, couleurs sales, couleurs sales, trottoirs vieux, détritus, bâtiments abîmés, homme-épouvantail, homme sans abdomen, dont le moindre mouvement a été entravé, sans jambes, homme harcelé, la tête vidé, bouche qui crie, abysse,

Un homme, une masure, la porte entrouverte, dans une petite chambre dont les murs étaient colmatés de haillons

 

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Il s’est réveillé, a branché le téléphone. Est parti au kiosque à journaux, a acheté des cigarettes.

– Vous oubliez votre monnaie.

Lica, il s’appelle. Il a regardé un homme avec attention, lui a dit « bonjour ».

– Eh Lica ça fait un bail. Je suis venu acheter des cigarettes. Et toi ?

– Moi, je vaque à mes affaires. Je cherche une pièce pour ma voiture. Ma fille est reste en Hollande, ma mère  est malade.

– Qu’a-t-elle eu ?

– Un infarctus. Je vais à l’hôpital. Ma fille se prostitue en Hollande. Tu vois… c’est Dieu qui le veut.

L’homme du kiosque à journaux a dressé l’oreille.

– Ma femme m’attend. Je partirais moi aussi en Hollande. L’homme a détourné son regard.

– Je suis venu lui dire « au revoir ».

Sa mère était allongée sur un lit d’hôpital. Ses jambes tremblaient. Il y avait des courants d’air. Les tables et les sols étaient recouverts de crasse.

– Je t’ai amené la pièce. Quelle maison j’ai !

 

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Une fille l’observa, le passage était étroit, il ciselait un couteau, le mec fut planté. La fille lui demanda une cigarette. Ils firent un bon bout de chemin ensemble. Il trouva un hôtel ; ils passèrent la nuit ensemble, prit ses clics et ses claques et descendit l’escalier de l’hôtel.

La ville demeurait déserte à cette heure il portait un tee-shirt léger et il avait froid. Il s’affala sur une balustrade et finit sa nuit ; un ivrogne trébucha sur lui, il parlait tout seul. Au petit matin, à l’aube il se réveilla. Premières voix de la ville. « T’as pas, 1 euro, des euros » lui demanda l’ivrogne. Il fit non de la tête prit son sac à dos.

il marche jusqu’au pont

la seine coulait à ses pieds

 

(…)

 

http://www.artisho.com/Flora-Michele-Marin

 

 

 

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Les séries « Poupées »

 

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et

 

« Pochons »

 

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de MARIN Flora Michèle évoque les avortements, au nombre de 40 environ, qu’elle a été obligée de subir en Roumanie pendant la dictature de Ceausescu, les « Pochons » représentaient pour elle  l’exclusion.

 

 

 

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BIOBIBLIOGRAPHIE

 

FLORA MICHELE MARIN – ARTISTE PHOTOGRAPHE

 

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Flora Michèle MARIN a fui la Roumaine communiste à l’âge de 45 ans avec sa fille et a découvert l’art contemporain en France. Elle a exposé ses oeuvres, photographies et travaux d’arts plastiques dans les revues MgVersion2, Arcane, Cabaret, Népenthès, Paysages écrits, RAL’M, Art’en-Ciel, Les Etats Civils, et a participé aux « Journées Portes Ouvertes de l’association Les Arts Joly », au « Salon de la Photographie », du 11e arrondissement, à l’exposition collective « Insolite Paris », au « Salon des Artistes Hospitaliers du Cent Cinquantenaire de l’AP-HP », et à l’exposition collective « Les Artistes de la Mairie de Paris ». Ses travaux sont publiés dans les ouvrages d’Alexandra BOUGE, « Une nuit à Belleville » et « La ville » (lulu.com). Elle est morte à l’âge de 74 ans.

 

 

 

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ALEXANDRA BOUGE – ECRIVAIN ARTISTE

 

http://alexandrabouge.tumblr.com/

 

 

Alexandra Bougé

 

(France)

 

 

Je suis licenciée en Arts Plastiques et Communication à l’Université de la Sorbonne. Je publie en autoédition sur Lulu.com « Une nuit à Belleville », recueil de poésies, de photographies et de street art, « La ville », recueil de poésies, de travaux d’arts plastiques et de street art, « Alve » recueil de poésies et de dessins, et « Le Campement », qui est un recueil de nouvelles.

En 2015 je participe au Festival d’art urbain Rue Stick, en Allemagne eet en France et publie dans la revue Mgversion Datura, nr, 80 et 79, la revue Sipay n° 12, dans la revue A l’Abri de l’Orage, la revue les Corrosifs n° 1.

 

En 2014 je publie un recueil de poésies et de dessins intitule LA PEAU aux éditions MGV2>PUBLISHING, des textes et des illustrations dans les revues Mgversion2 Datura, Paysages Ecrits, Hebdo-Décapage, Cabaret, et en 2013 un recueil de poésies, intitulé « La ville de glace », aux éditions Mémoire Vivante.

 

 

FORMATION

 

2006                       « Créateur de sites Web », CREFAC

1996                       « Créateur d’Images de Communication », GRETA des Arts Appliqués

« Technicien en PAO », Cetec-Info

1992                       « Expression graphique et infographique », École de Communication Graphique, Saint-Ouen

1991                       « Certificat de méthodologie en Maîtrise d’Arts plastiques et Communication », Université de la Sorbonne

1990                       « Licence en Arts plastiques et Communication », Université de la Sorbonne

« Attachée de Presse », Institut des Hautes Études d’Art et de Communication

 

 

EXPÉRIENCES PROFESSIONNELLES

 

2014                       Animatrice culturelle

http://alexandrabouge.tumblr.com/ateliers

Parution du recueil de poésies et de dessins intitulé « La peau » aux éditions Mgv2>Publishing

 

2013                       Ateliers d’arts plastiques et écriture lecture / Accompagnement scolaire / Visites de musées avec des enfants

 

« La ville de glace », recueil de poésies, éditions Mémoire Vivante

 

Ecrivaine et illustratrice, revue Mgversion2 n° 74 et n° 73

http://fr.calameo.com/read/000028151f74b2fc49304

 

2012                       Illustratrice, revue Népenthès n° 6

« Une nuit à Belleville », recueil de poésies, photos et dessins

 

2011                       « Alve », recueil de poésies et de dessins

« Le Campement », recueil de nouvelles

« La ville », recueil de poésies et de photographies

 

2010                       Animatrice arts plastiques, association Xérographes

 

2005                       Animatrice arts plastiques auprès d’enfants roms, association Parada

 

03-01                     Moniteur adjoint, animateur ergothérapeute d’ateliers arts plastiques auprès de personnes handicapées mentales, Association Alternatives Plein Ciel, sorties culturelles et organisation d’une exposition des œuvres au Centre Culturel des Amandiers, en Mai 2003, Foyer Alternatives “ Plein Ciel ”

 

01-00                     Animatrice auprès de personnes handicapées : Association « Déjà Deux Mains »

Opératrice de saisie : CAMP SA

 

2000                       Accompagnatrice, personnes handicapées, Association Déjà 2 Mains

Agent de surveillance, Musée de l’Armée

1996                       Illustratrice PAO : Éditions « All », Roumanie

Journaliste, journal Cotidianul, Roumanie

Traductrice : français-roumain, revue de littérature Luceafarul

 

1995                       Personnel administratif et de secrétariat, Agence nationale de valorisation de la recherche

Traductrice : roumain-français, ABC Communication

 

1994                       Garde d’enfants à domicile

Graphiste PAO : Lauriflamme

Concepteur Pin’s : Société B

 

1993                       Professeur d’Arts Plastiques : Collège Saint-Laurent

 

1992                       Professeur d’Arts Plastiques : Collège Saint-Merri

Animatrice, Ville de Paris, Direction des Affaires Scolaires

 

1991                       Agent de surveillance, Réunion des Musées Nationaux

1990                       Attachée de presse, galerie Farideh Cadot

 

 

PUBLICATIONS ET EXPOSITIONS :

 

Ouvrages publiés sur Lulu.com :

http://www.lulu.com/spotlight/alexandrabouge

 

 

2015                                      Revue Mgversion2, n° 79

http://fr.calameo.com/read/00002815162fa5bc56458

 

Revue Sipay n° 12

 

2014                                      « La peau », recueil de poésies et de dessins aux éditions Mgv2>Publishing

Festival d’art urbain Rue Stick

https://www.facebook.com/Ruestick/photos/t.1314997939/10152370641847610/?type=3&theater

 

Revue Mgversion2, n° 78, n° 77 et n° 75

 

http://en.calameo.com/books/00002815161b752947427

 

http://en.calameo.com/books/0000281512e0b73a37132

 

http://www.calameo.com/read/000028151771ef3840978

 

Revue l’Autobus n° 20

Revue Arcane 18, n° 1

Revue Mgversion2, n° 77

Revue Hebdo-Décapage n° 9, n° 10, n° 11, n° 12, n° 13, n° 14, n° 15, n° 17

Revue Cabaret n° 11

Revue Paysages Ecrits n° 20

https://onedrive.live.com/view.aspx?cid=28E1F0A71BF036AE&resid=28E1F0A71BF036AE!702&app=WordPdf&wdo=1

 

2013                                      « La ville de glace », recueil de poésies, éditions Mémoire Vivante

« Re-jouer la ville », médiathèque Marguerite Duras

Rue Stick, exposition collective de street-art

Revue Mgversion2 n° 74 et n° 73

http://fr.calameo.com/read/000028151f74b2fc49304

 

http://fr.calameo.com/read/0000281519aa2470258d6

 

Revue Poésie pour Tous

Revue 17 Secondes n° 2

http://fr.calameo.com/read/0020273899e217167ca6b

 

Revue  » poesiemuziketc.  »

http://poesiemuziketc.wordpress.com/2013/01/14/alexandra-bouge-poemes/

 

Revue Népenthès, hiver 2012-2013

Revue L’Autobus, n°10

Revue Paysages écrits n°15

http://traquequitraque.blogspot.fr/2013/05/p20130517-paysages-ecrits-n-15-mai-2013.html

 

2012                      Lauréate du concours « Haut le verbe », revue Népenthès

Revue Népenthès n° 6

 

Revue Mgversion2>datura

http://mgversion2datura.blogspot.fr/2012/12/les-pochoirs-dalexandra-bouge.html

 

Revue Neiges n° 1

https://sites.google.com/site/revueneiges/poesie/alexandra-bouge

 

Revue Cabaret n° 1 / Le Petit Rameur

Revue Microbe, n° 7, Belgique

Revue Art’en-Ciel, n° 11, Association Poèmes Epars

Purnev Literary Magazine

 

PHOTSOC, Festival International de la Photographie Sociale, Sarcelles, photsoc.org, la Revue des Ressources.org

http://www.larevuedesressources.org/brahms,2338.html

 

2011                      « Une nuit à Belleville », recueil de poésies, photos et dessins

« Alve », recueil de poésies et de dessins

« Le Campement », recueil de nouvelles

« La ville », recueil de poésies et de photographies

Revue Népenthès, n° 3

Creation de pochoirs, « Sauvons la Jarry », Centre d’Art Contemporain La Jarry, 94300 Vincennes

 

« La Peau », recueil de nouvelles paru aux éditions Pas Encore, Algérie

http://editionspasencore.blogspot.fr/2011/07/editions-pas-encore.html

 

PHOTSOC, Festival International de la Photographie Sociale, Sarcelles, photsoc.org, la Revue des Ressources.org

http://www.larevuedesressources.org/_alexandra-bouge,140_.html

 

Revue la RAL,M n° 69, éditions le Chasseur Abstrait

http://www.lechasseurabstrait.com/revue/spip.php?rubrique935

 

Revue Le capital des mots

http://www.le-capital-des-mots.fr/article-le-capital-des-mots-alexandra-bouge-66706083.html

 

Revue Comme en poésie, n° 45

Revue Art’en-Ciel, n° 7, Association Poèmes Epars

Revue L’Autobus n° 2

 

2010                      « Anthologie de la poésie érotique française du Moyen Age à nos jours » sous la direction de Giovanni Dotoli, éditions Hermann, collection Lettres

« Une Nuit à Belleville », recueil de poésies illustrées de photographies de l’auteur et de MARIN Flora Michèle, éditions Xerographes, collection Slam en Poche

 

Parterre verbal, Anthologe n° 2, éditions Pages Insulaires

Revue Nioques n° 7-8, édition Le Mot et le Reste

Cahiers du détour n° 9, édition Quai des Lunes

Revue Art’enCiel  n° 4, Association Poèmes Epars

Revue Microbe n° 58, Belgique

Revue Verso n° 140, « Question d’angle »

 

2009                      Revue Mgversion2 n° 66

http://issuu.com/mgversion2/docs/mgv2_66?viewMode=magazine

 

Revue Les Etats Civils n° 6

http://etats.civils.free.fr/

 

Revue Passage d’encres n° 36-37, « Pourquoi le français »

Revue N4728 n° 16

Revue Le Manoir des Poètes n° 17

 

Revue Lampe Tempête n° 6, « Labyrinthe »

http://www.lampe-tempete.fr/revescourts.html

 

Editions Ecrire-Aujourd’hui, Canada

 

Revue Les Etats Civils n° 6

http://etats.civils.free.fr/

 

Revue Microbe n° 51, Belgique

Revue Mgversion2 n° 63

 

2008                      Revue Les Etats Civils, n° 4 et n° 5

http://etats.civils.free.fr/

 

Revue Le Manoir des Poètes

http://www.lemanoirdespoetes.fr/

 

PHOTSOC, Festival International de la Photographie Sociale, Sarcelles, photsoc.org, la Revue des Ressources.org

Revue Nioques n° 3, édition Le Mot et le Reste

Revue Traction-Brabant n° 23

Revue Mgversion2 n° 61

Revue Microbe n° 46, Belgique

Revue Verso n° 132, « Voracité du Refuge »

 

2007                      Revue Mauvaise Graine n° 60

« Avec Mes Yeux », édition En Forêt / Verlag Im Wald, France/Allemagne

Revue Microbe, Juillet 2007, Belgique

Revue Mauvaise Graine n° 57

Revue Traction-Brabant n° 56

 

Revue des Ressources

http://www.larevuedesressources.org/

 

Revue Microbe n° 30, Belgique

Revue Mot à Maux n° 6

 

2006                      « Paroles d’Exil », recueil de nouvelles, éditions La Lyre et La Licorne, collection Mot à Mot

Revue La Lyre et la Licorne, « Le Temps d’Une Valse »

 

Revue Mgversion2 n° 56

http://issuu.com/mgversion2/docs/mg56?e=1092234/3459977

 

Revue Traction-Brabant n° 8

« Ateliers Portes Ouvertes de Belleville »

 

2005                      Revue Mgversion2 n° 54

http://issuu.com/mgversion2/docs/mg54?e=1092234/3491324

 

Revue Mgversion2 n° 53

http://issuu.com/mgversion2/docs/mg53?e=1092234/3448923

 

Lecture de poésies, radio Libertaire

Lecture de poésies à l’Aqueduc, Poèmes en Gros & Demi gros

Revue N4728 n° 8

Revue Vendémiaire n° 16

Éditions SHVOONG

Revue Liqueur 44, n° 84, Gros Textes

Revue Comme en Poésie n° 22

Revue Soleil et Cendres, « Méfaits et Gestes du Libéralisme »

« Joly fête de Juin »

« Printemps des Poètes », MJC Les Hauts de Belleville

 

2004                      Stencil Project, livre de pochoirs, éditions Critères Urbanité

 

Revue Mgversion2 n° 52

http://issuu.com/mgversion2/docs/mg52?e=1092234/3048276

 

Revue Némésis n° 9

 www.websymbiose.fr

 

« Salon de la Photographie »

« Printemps des Poètes » : Association “ Frichez Nous la Paix ”

 

2003                      Revue Lieu-Dit n° 19, “ Communautés ”

« Ateliers Portes Ouvertes de Belleville »

« Printemps des Poètes », Galerie des AAB, Centre Culturel des Amandiers, Bibliothèque Couronnes, Bibliothèque Faidherbe, Globe Arts Belleville

 

2002                      Revue Lieu-Dit, n° 16, “ Machine ”

« Salon d’Automne de la Peinture Contemporaine »

« Les Artistes de Belleville », M.J.C. “ Les Hauts de Belleville ”

 

2001                      Revue Propos de campagne, n° 11, “ La Table ”

« Salon d’Automne de la Peinture Contemporaine »

« Ateliers Portes Ouvertes de Belleville »

 

2000                      Poèmes en Gros Editions

« Salon d’Automne de la Peinture Contemporaine »

 

1999                      Galerie CHARTA : du 15 au 30 novembre

« Salon de la Peinture et Sculpture Contemporaines »

Club « Le Directoire »

 

1993                      Centre Multimédia Procréart : Performance le 31 décembre

 

1992                      « Ateliers Portes Ouvertes » de la ville d’Aubervilliers

 

1991                      « Jeunes et Toiles »

« Espoirs 91 », MJC « Les Hauts de Belleville »

 

1990                      AFSJM

 

1989                      Galerie BOLDYREFF

 

 

LANGUES :

 

Français, Anglais, Roumain : lu, parlé, écrit

Allemand : parlé

 

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