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Chers amis d’ici et d’ailleurs,

 

 

Levure littéraire 8

 

 

vous invite à découvrir les créations de ses 130 artistes internationaux.

 

 

THEMATIQUE A DEBATTRE :

Être ou Avoir. L’Histoire secrète des Choses.

 

 

 

 

Être

 

Être ou avoir ?

Avoir ou être ?

Être en transe. En transition. Le « trans »  vers le jamais du toujours.

Le passage d’une saison florale à une autre, selon les conditions climatiques du destin.

Dans le maintenant de l’« humus ».

 

Être l’avoir que nous sommes.

L’avoir de ne rien avoir et de n’être que ce que nous avons été et ce que nous sommes, en ayant droit à la disparition.

Avoir ce corps inattendu qui fait de nous son trou astral, étoile terrestre, souffle inflammable !

 

Naître, arriver, venir, transir, passer comme une tempête de fleurs de cerisier!

Être l’auxiliaire des odeurs en mouvement. Ce qui vient de l’au-delà du nom dans l’ici du corps! Comme une pluie amèrement salée, remontant de la terre aux cieux. Transcendant du paradoxe.

 

Être l’avoir du néant.

L’appartenance au manque de quelqu’un et de quelque chose.

Au nom du vide de la mère porteuse et de son ventre fécond.

 

L’être, court, courageux et coupant. Comme une branche arrachée qui, tout en défendant la mère-arbre, s’ouvre les veines avec le vent.

 

 

 

 

Avoir

 

Posséder.

Tenir.

Occuper.

Habiter.

Connaître.

S’en servir.

Être en relation possessive.

Être ce que nous avons.

Avoir ce que nous sommes.

Avoir à son actif des états modifiés de connaissance.

Les arrêter en pleine forme. Rêver la désorganisation, l’entropie générale. Crever l’abcès du rêve. Propager l’inertie passagère.

Etat intermédiaire, passage graduel vers l’inconscient de notre conscience. Et vice-versa. Ce que nous possédons et appelons utopie matérialiste, vie des biens personnels, mieux que DESTIN des CHOSES qui nous divisent et additionnent.

Sort, substance et nom. Ce que les Latins nommaient substare.

L’être dessous des matières dont nous sommes formés.

Être le rien de l’avoir. Naître RIEN. N’avoir rien. Orphelin et pauvre. De la crèche à l’asile de l’être. Voilà la liberté suprême ! L’état de grâce et d’inexistence et d’impossession.

Vous allez me dire :

Rien de nouveau. De Rien les dieux ont créé toute chose !

Sans avoir eu l’intention de programmer l’être idéal, les dieux l’ont fait comme ils ont pu.

 

 

 

 

 

Rodica Draghincescu

 

 

Être ou Avoir, Être et Avoir, l’histoire de la

chose n’est pas si facile.

 

 

Être ou Avoir, voici une thématique appartenant parfaitement au propre de l’homme, n’écartons pas la femme, et qui toujours a été des plus virulentes et obsédantes depuis les origines humaines, car c’est la base même de l’existence, voire à en croire Jean-Paul Sartre le socle de l’existentialisme, la structure fondamentale, principe de vie, de déchirure, d’accomplissement, de libération, de mort.

 

Alternance ou dualité, révélation ou anéantissement.

 

Avoir oscille entre le tangible et l’informel, le corps et l’esprit, l’égoïsme et l’altruisme.

 

Toutefois le plus souvent nous vivons dans un monde où Avoir est prépondérant, dans un système libéral où tout repose sur la possession spéculative et sur le pouvoir.

 

Avoir dans cette perspective falsifiée devient presque impératif, voire vital.

 

Être est portant un absolu incontournable, c’est s’identifier, c’est exister pour quelqu’un ou quelque chose, c’est respirer, penser, vivre. Être, oui je suis !

 

Quant à Blaise Pascal, Être, selon lui : « …/…on ne peut entreprendre de le définir…/… »

 

Ainsi, entre Avoir, tel un état de possession et Être, ressenti comme une indétermination, la situation alors se complique et commence mal entre Rodica Draghincescu, notre chère directrice  et moi,  rédacteur-poète-artiste-critique d’art… R.D. vient de nous demander pour le no 8 de la Levure un thème bien difficile.

 

Si Être est indéfini pour Blaise Pascal, la situation ne vaut guère mieux avec André Comte-Sponville pour qui : « …/…le mot est vague…/… »

 

Ciel, où allons-nous au travers de cette complexité brumeuse et insoluble d’un esprit au féminin que sans doute veut Être pour mieux Avoir, à moins que ce ne soit l’inverse.

 

Décidemment, je ne comprendrai donc jamais les arcanes de l’âme féminine.

 

Donc, entre une non définition et un mot vague, nous voilà profondément plongé dans la perplexité interrogative autant qu’incertaine.

 

Être ou avoir ? – nous interroge Rodica Draghincescu pour mieux construire sa levure magique…

 

A cet instant de mes affabulations, j’observais le déclin d’un soleil rasant sur la rosace centrale de la cathédrale de Reims, c’était d’une telle beauté, que je me suis dit, une fraction de seconde : «  Je voudrais être cela…! » Voici une réponse pour une telle question.

Car Être serait plutôt solaire, lumineux, transcendant, alors qu’Avoir demeurerait plutôt dans l’immanence par sa fréquentation des zones d’ombres.

 

Selon Descartes : «  Être, est une façon de penser…/… » Chez Aristote : «  Être est indéfinissable en raison de sa portée métaphysique. »

 

Et dans l’esprit de possession Avoir entraîne souvent à la dégradation de l’Être.

 

Vraiment Rodica quel imbroglio, tu nous as mis dans de beaux draps !

 

Dans son cachot en attendant la mort, Socrate (parait-il) jouait de la flûte. Un de ses disciples s’en étonna et Socrate lui répondit  «  Je joue de la flûte avant de mourir, pour jouer de la flûte avant de mourir. » :

 

Nous sommes bien ici dans une volonté d’exister, donc indéniablement, d’Être !

 

Mais voici qu’Héraclite nous dit, afin de peut-être nous embrouiller davantage que

 « …/…l’Être n’est pas, le non Être est. »

 

Alors convenez en, nous ne sommes pas prêts de retrouver notre chemin dans ce labyrinthe de pensées contradictoires.

 

Enfin, faute d’une vraie réponse et sans esprit de possession, je vais en avoir fini avec cette réflexion en forme de nœuds gordiens et comme le boxeur « Knock out » je jette l’éponge et je vais enfin pouvoir Être libéré, car ici je me sens bien inutile et impuissant, surtout si j’en crois François de Malherbe qui avait parfaitement compris qu’ : « Un poète n’est pas plus utile à l’état qu’un joueur de quilles. »

 

Mais, à bien y réfléchir, l’état est-il bien utile ?

 

J’en fini par  « Avoir » peur de douter d’ « Être ».

 

Et puis tenez pour rester dans l’esprit étatique et non moins humain, je citerai Friedrich Hölderlin : « Ce qui a fait de l’état un enfer, c’est que l’homme a voulu en faire un paradis. »

 

Voyez-vous nous retrouvons notre thématique « Être » ou « Avoir ».

 

Et l’Art dans tout cela, objet de notre revue Levure, le pauvre nous l’avons oublié, aurait-il perdu de sa patine, de son brio ?

 

Peu importe il suffit d’en formuler l’idée pour qu’il existe, pour qu’il soit, donc pour « Être » sans pour autant « Avoir ».

 

Mais pour conclure, si j’écoute André Malraux il dit de l’art qu’: « Il est un antidestin. »

Eh bien voilà, le cercle se referme, nous retournons au point zéro, ni Être, ni Avoir.

Le bonheur quoi ! Toute l’espérance d’une destinée meilleure.

 

 

Michel Bénard

 

 

 

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Conçue en tant que ferment éthique et esthétique, Levure est un espace d’initiatives et de pensées créatives, sans aides financières, sans prétentions hégémoniques, qui privilégie la qualité et l’originalité de l’Acte constructeur de Culture. Par ces temps de crise économique, et surtout de forte crise morale, quand la Paix, l’Education et la Culture sont mises à l’écart, puisqu’il n’est plus de mode de cultiver l’humanisme, Levure s’entête à chercher avec vous, la voie vers une passerelle secrète, vers un lieu paisible et propice à la méditation au-delà des barbarismes et des vulgarités quotidiens. Avec pour intention de demeurer dans la lignée de l’esprit universel des Lumières !

 

Magazine d’information et d’éducation, Levure apporte sur vos écrans d’ordinateur, 4 fois par an, des auteurs atypiques (entre 50 et 100 par numéro), des thèmes et des sujets moins usités, abordés ou exploités, des actants et des acteurs de toutes obédiences socioculturelles (littérature, arts plastiques, musique, philosophie, ethnologie, journalisme, psycholinguistique, etc. – qui en présentant des pays et des traditions, des horizons riches en différences et ressemblances, similitudes, nous enrichissent, tout en nous captivant. Par sa diversité thématique, et par le nombre impressionnant de protagonistes culturels, Levure nous et vous offre le choix entre plusieurs langues, sensibilités, goûts, besoins de lecture et d’informations.

 

« Dire d’autrui qu’il est mon semblable, est-ce dire qu’il me ressemble ? »

 

Dans la rubrique Languages, dont le titre est un mot anglais, vous trouverez les langues sources (maternelles), ainsi que les langues cibles (traductions) de nos collaborateurs, autres que le français, celui-ci étant considéré la langue de base de cette publication.

 

Levure littéraire n°8 contient de la poésie, des nouvelles, des extraits de romans, des pages de journaux, des essais littéraires, des notes de lecture, des contes traditionnels et philosophiques, des articles de psychanalyse, de la peinture, des dessins, des collages, de la sculpture, des performances théâtrales et de cinéma, de la musique (jazz, rock, pop, folk, etc.), des informations liées aux évènements culturels internationaux.

 

Avec l’aide de tous les participants, nous essayons de préserver et de stimuler l’échange humaniste.

 

Notre but : révéler de nouveaux auteurs, promouvoir le savoir et le succès des auteurs connus, inscrire des perspectives pour ceux qui en sont en rupture.

 

La culture nous aide à mieux maîtriser et à mieux équilibrer notre destin. Osons la partager avec les Autres – Auteurs, ces « étrangers », «voleurs d’âme», qui nous intriguent toujours un peu… Reconnaissons l’identité de l’Autre, avec ses différences, tout en respectant sa langue, ses traditions, son œuvre, et sa culture.

 

Participons au partage des idées novatrices et libératrices de nos cultures. Brisons les manœuvres de ceux qui orchestrent la chute finale de la culture et de la société en entretenant insidieusement sa dégradation pour des causes perfides autant que machiavéliques inavouables.

 

Cultivons l’amitié! Et l’amour-amitié ! Se nourrir de culture, c’est habiter en harmonie la maison de l’ETRE, voyager, migrer en frégates d’Artistes vers ces pays « terra incognita » où des Voies & Voix inattendues nous attendent, le cœur en offrande.

 

 

Levure littéraire a été créée particulièrement pour tous ces gens talentueux, demeurés dans l’anonymat national ou international, sans relations, et sans réelles possibilités d’accéder à la notoriété …

 

Notre magazine est devenu plurilingue justement pour ces pays dont les langues et cultures sont ignorées (oubli au profit de la loi du nabab offshore et de la pensée unique).

 

Sans faire de politique, nous luttons contre ces prédateurs culturels qui prêchent, bras croisés, bouche et poches pleines, (l’abolition) de la culture. Nous stigmatisons le manque de mécénat et la réduction des budgets culturels, et nous dénonçons la perversion des comportements langagiers, humains, esthétiques et éthiques de notre 21e siècle.

 

Protégeons l’art, tout en le pratiquant avec talent et confiance. Pratiquons l’art, tout en le défendant avec raffinement et intelligence. L’art nous a toujours aidés à résister, à évoluer dignement, à aimer le monde, et à croire en un monde meilleur. L’art ne tue personne, au contraire il élève l’homme. Ne le tuons pas, s’il vous plaît! N’en faisons pas l’enjeu de spéculations hasardeuses et stériles et ne le transformons pas en un vulgaire produit commercial. L’art business» international … n’est pas notre art, mais l’ANTI ART, « l’art » de détourner les artistes et leurs cultures de leurs chemins et destins! Nous refusons par l’art les lois immorales et suicidaires des « goldens boys » !

 

Etre contemporain ne signifie pas adopter pêle-mêle la crise de son temps avec ses flots et tourbillons, sans réflexion, sans conscience collective ni sélective à la fois. Il faut adhérer à son époque avec lucidité, vigilance et perspicacité, en se tenant à une bonne distance, avec un écart spatial et temporel, pour mieux délimiter les maux en gestation. Le contemporain ne substitue pas le présent au passé, il est à la recherche de ce que le présent renferme dans son futur à venir…sans en ignorer pour autant les fondations originelles.

 

Cette nouvelle édition de notre magazine restera fidèle à l’énergie positive qu’elle a affichée dès le début, vis-à-vis de la création inventive. Un contenu qualitatif, face à l’agressivité et à la vulgarité du monde politique actuel qui monopolise la vedette médiatique.

 

 

Rodica Draghincescu,
Directrice Littéraire